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Après avoir conquis le coeur du public sur le Tour 2004, Thomas Voeckler aborde la Grande Boucle 2006 plus fort que jamai
On l'a quitté au fond du gouffre. Collé à cette deuxième marche du podium des Championnats de France, la mine défaite, Thomas Voeckler ne pouvait masquer son immense déception. En tête avec Christophe Moreau, il a eu le temps de caresser un rêve : celui de prendre le départ du Tour de France dans sa région natale, à Strasbourg, avec le maillot tricolore sur le dos. Mais Florent Brard est passé par là, et il ne s'est pas fait prier pour briser les espoirs de l'Alsacien. Et ceux du public vendéen, et français en général, par la même occasion. Brard n'est pas détesté, loin de là, mais il n'avait pas le monopole du coeur sur les routes de Chantonnay. Parce qu'il n'a pas mis la France en émoi en 2004.
Thomas l'a fait, lui. Sa prise du maillot jaune à Chartres, sous des trombes d'eau, est encore dans toutes les mémoires. Et son courage pour résister à la logique des choses pendant dix jours a conquis le public. Depuis, "Ti'Blanc", le gamin de la Martinique, est resté le chouchou de la France entière. "On a tout dit sur Thomas, il est tellement populaire!", résume Jean-René Bernaudeau.
Il reste pourtant beaucoup à découvrir sur le champion de France 2004. Sa dernière saison, très lourde, lui a fait franchir un pallier. "Il a pris du coffre. Le travail physique qu'il a effectué l'an passé commence à payer. Il a élargi son bagage, et il est de plus en plus endurant", note le manager des Turquoises. Plus fort physiquement, l'Alsacien possède aussi un sens inégalable de la course. "Il a acquis beaucoup de précision et, surtout, il se connaît", confirme Jean-René. Avec déjà trois victoires cette saison, il a trouvé la récompense à ses efforts. Il lui manque juste un coup d'éclat, celui dont Florent Brard l'a privé sur les routes de Chantonnay. Celles du Tour seront-elles plus clémentes ?
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